Nous proposons l’intégralité de l’Intervention du Président SANGARE Abou Drahamane, Président par intérim du FPI,Parrain des festivités marquant le 14ème anniversaire de ce journal édité par le Groupe Cyclone.

Monsieur Ousmane Sy Savané, Gérant de la Société Cyclone, éditrice du quotidien Le Temps ;

Monsieur Yacouba Gbané, Directeur de la publication du Groupe Cyclone,

Mesdames et Messieurs les chefs de Services, Journalistes et agents du quotidien Le Temps ;

Honorables partenaires et lecteurs du quotidien Le Temps ;

Mesdames et Messieurs,

 Permettez que j’exprime d’abord mon honneur et ma fierté à la Direction du quotidien Le Temps d’avoir été choisi comme Parrain des festivités marquant le 14ème anniversaire de ce journal édité par le Groupe Cyclone. Le choix porté sur ma personne ne s’imposait plus, vu que vous aviez déjà honoré le plus illustre d’entre nous, le Président Laurent Gbagbo, en le prenant comme Haut Patron de vos festivités. C’est donc un double honneur pour le Front Populaire Ivoirien d’avoir son Président empêché et l’Intérimaire de ce Président, c’est-à-dire moi-même, associés à votre légitime fête de résistance et d’endurance, au moyen de la plume. Votre journal, Le Temps, s’est imposé aux Ivoiriens par la rigueur de sa ligne éditoriale, et c’est à votre honneur.

Merci pour votre combat au profit de la démocratie en Côte d’Ivoire. Merci pour votre engagement professionnel dans cette lutte pour laquelle votre Haut Patron, le Président Laurent Gbagbo, se sacrifie depuis sa tendre jeunesse, et continue de subir toutes les humiliations, parce que pour lui aucun sacrifice n’est trop grand pour la dignité de son Peuple, pour la souveraineté de son pays et pour celle de tous les Etats africains.

Mesdames et Messieurs,

Hommes et Femmes des médias,

  Nous sommes à la fête des 14 ans du quotidien Le Temps. Votre Haut Patron aurait bien voulu être là, pour partager ces moments de pause et de réflexion avec vous. Mais, je vous rassure : ce n’est que partie remise. Car le retour de Laurent Gbagbo parmi nous n’est plus qu’une question de temps. Vous, les journalistes, décryptez tous les jours, pour l’opinion, les signes annonciateurs de sa libération imminente de la Cour pénale internationale. Et je sais que le quotidien Le Temps sera au rendez-vous, en temps opportun, pour annoncer la bonne nouvelle aux Ivoiriens, à l’Afrique et au monde entier.

Oui, Laurent Gbagbo reviendra parce qu’il n’a pas sa place là où il est enfermé. S’il est jugé aujourd’hui à la Cour pénale internationale, ce n’est pas parce qu’il est un criminel, buveur de sang comme on l’a dépeint ; ceux qui ont osé le dépeindre ainsi sont cruellement en panne de preuves. Ils sont eux-mêmes couverts de ridicule. Et si le procès du Président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé se poursuit, c’est simplement parce que ceux qui en imposent au monde par leur puissance avaient décidé de l’éliminer en le faisant déporter à la Haye pour « une sentence irrévocable », en référence à l’émission Koh Lanta.

Oui, le Président Laurent Gbagbo est encore là. Il nous reviendra en habit de gloire, tout comme Joseph. En effet, les frères de Joseph l’ont vendu, ont cru que c’en était fini de lui, mais ils l’ont retrouvé en habit de Gouverneur d’Egypte. On a voulu tourner la page Gbagbo, le Président Laurent Gbagbo est  encore là, incontournable. On a voulu arracher sa page, le Président Gbagbo est encore là, inscrit dans la mémoire longue. La leçon est claire : Aucune volonté ou force humaine ne peut arrêter la destinée prophétique d’un homme. Non, ce n’est pas possible ! Elle peut, peut-être, la retarder ou l’accélérer, mais elle ne peut jamais l’arrêter. C’est pourquoi les Saintes Ecritures disent : « La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissent est devenue la principale de l’angle ; c’est du Seigneur que cela est venu, et c’est un prodige à nos yeux ».

   Retenons donc cela, une bonne fois pour toutes : Il en est toujours ainsi de Laurent Gbagbo dans son long combat pour la dignité du peuple ivoirien. Combattu souvent, battu parfois, abattu, jamais ! L’homme a du ressort. Ebranlé, accusé, vilipendé, injurié, caricaturé, il remonte toujours les épreuves comme si la pire épreuve subie devient le coup de fouet nécessaire à l’accomplissement de sa mission. Sa capacité à rebondir est fracassante. Il va donc réussir l’exploit d’inverser le cours des sinistres prédictions sur sa vie. Des membres de la Communauté internationale ont voulu l’éloigner de la Côte d’Ivoire pour l’effacer à jamais de la mémoire des Ivoiriens afin de permettre à Monsieur Ouattara, leur homme lige, de gouverner en toute tranquillité. Peine perdue ! Le Président Laurent Gbagbo possède ce don mystérieux qu’on nomme dans le métier « la présence ». Oui, le président Laurent Gbagbo n’est pas là. Il est encore là !

Mesdames et Messieurs,

Hommes et Femmes des médias,

     Nous sommes à la célébration du 14ème anniversaire du quotidien Le Temps. « Après 14 ans de combat pour les libertés, quel journal Le Temps face aux nouveaux défis de la démocratie en Côte d’Ivoire ?». C’est le thème que les responsables de l’entreprise éditrice ont choisi pour fêter, mais aussi pour nous inviter à réfléchir avec eux.  Permettez que le Front Populaire Ivoirien ne puisse pas vous dire ce que doit être votre journal face aux nouveaux défis. Un parti politique progressiste n’a pas pour vocation de dicter un choix éditorial ou commercial à des journalistes, fussent-ils proches de son combat. Ce champ-là est votre domaine réservé. Et le FPI ne dérogera jamais à cette conduite qu’il s’est imposée.

Par contre, je peux entamer la réflexion avec vous, en vous invitant à jeter, ensemble, un coup d’œil rapide sur l’état de la liberté des médias en Côte d’Ivoire, objectif au centre de votre combat, comme le souligne le thème central de vos festivités. Au moment où vous célébrez le 14ème anniversaire de votre quotidien, que peut-on retenir des actes du Président Laurent Gbagbo en faveur des journalistes sur le chemin de la liberté de la presse, et qu’est-ce qui leur est réservé depuis le 11 avril 2011 ?

Souvenons-nous : le 30 avril 1990, la Côte d’Ivoire a renoué avec le multipartisme, en pleine crise sociale, après trente années  d’indépendance politique sous le régime du parti unique PDCI-RDA. Certes, les partis politiques ont été créés en grand nombre, mais la presse écrite a été l’un des principaux bénéficiaires de la libération de la pensée. Le pluralisme politique a donné naissance à ce que vous, acteurs des médias, avez qualifié de « Printemps de la presse ivoirienne », avec l’éclosion d’une multitude de journaux. De quatre titres de 1960 à 1990 (Fraternité Matin, Fraternité Hebdo, Ivoire Dimanche et Ivoir’Soir), le nombre de journaux ivoiriens est passé à 178 en 1996, selon les premiers fichiers de l’Observatoire de la Liberté de la Presse, de l’Ethique et de la Déontologie (OLPED). Jusqu’à ce jour, malgré les effets dévastateurs de nombreux facteurs sur l’économie des médias, les fichiers d’EDIPRESSE (société de distribution), et ceux du Conseil national de la Presse (CNP, organe de régulation de la presse imprimée) mentionnent, tous les ans, plus de 20 quotidiens nationaux pour plus de 40 périodiques paraissant régulièrement en Côte d’Ivoire.

Au niveau des ressources humaines, pour l’année 2016, la Commission paritaire d’Attribution de la Carte d’identité de Journaliste professionnel et de Professionnel de la Communication (CIJP) a déclaré plus d’un millier de Journalistes et de Professionnels de la Communication. Mais nous sommes convaincus que la population qui a trouvé un emploi dans votre domaine est plus importante que ce chiffre, la CIJP ne prenant en compte que les journalistes et les professionnels qui ont postulé pour avoir la carte professionnelle. De plus, ce recensement, de par la loi, exclut de facto les agents exerçant dans le domaine de la publicité, ainsi que ceux de l’imprimerie et de la distribution des journaux. C’est dire combien le pluralisme des médias est pourvoyeuse d’emplois. Notre rôle commun, vous et nous, c’est de nous donner les moyens d’améliorer ces emplois et de les rendre profitables aux acteurs qui exercent la profession. Et le FPI est bien placé pour le savoir.

En effet, les faits étant sacrés en journalisme, comme partout ailleurs, il est bon de souligner que la Côte d’Ivoire doit, en bonne partie, l’éclosion de sa presse au Front Populaire Ivoirien. Le 30 avril 1990, Laurent Gbagbo était encore le Secrétaire Général du FPI quand le retour au multipartisme a été proclamé. Je revois encore le Président Gbagbo, le jour même de cette proclamation, seul dans son coin, pensif. Dans la cour de son domicile de la Riviera Golf, tous ses camarades de lutte étaient en fête, mais lui, il a préféré la solitude. Parce que cette posture n’est pas un destin. C’est un rôle. La solitude permet à l’homme de réfléchir à loisir. C’est l’indispensable retraite qui précède et consolide l’engagement démocratique. Et ce 30 avril 1990, le Président Laurent Gbagbo a l’impression d’être ICARE et de voler trop près du soleil. Pour ne pas se brûler les ailes, il devait trouver réponse à la question qui taraudait son esprit : « Comment assurer ma crédibilité et gagner le combat de l’alternance politique sans un grand parti, sans un grand journal ? ». C’était le début du rêve.

Mesdames et Messieurs,

Chers amis des médias,

Le Président Laurent Gbagbo a créé l’hebdomadaire Le Nouvel Horizon, le 30 août 1990, puis le quotidien La Voie, le 17 juin 1991 ! Ces organes furent les tout premiers journaux indépendants de la Côte d’Ivoire multi-partisane. Par la suite, le Parti ivoirien des Travailleurs (PIT) du Pr. Francis Vangah Wodié a fondé l’hebdomadaire Téré, et l’Union des Sociaux Démocrates (USD) de feu le Professeur Bernard Botê Zadi Zaourou a mis sur le marché l’hebdomadaire Le Nouveau Démocrate.

Ce sont ces journaux qui ont déclenché l’éclosion de la presse ivoirienne et les nombreux emplois sous-jacents. Leur création avait une double justification : Premièrement, l’ancien parti unique ayant maintenu tous les médias nationaux (presse, radio et télévision) embrigadés, après avoir déclaré le multipartisme du bout des lèvres, il fallait d’autres canaux pour donner d’autres sons de cloche et diversifier l’offre de l’information aux populations. Le quotidien Le Temps, fondé il y a quatorze ans, est un des fruits de ce printemps de la presse. Hommage et félicitation donc, à ses fondateurs !

En second lieu, le potentiel éditorial, économique et commercial s’exprimait en abondance. Il fallait donc le capter et le transformer en offres d’emplois. C’est cette mission que vous poursuivez aujourd’hui, vous, professionnels de l’information.

Bien entendu, comme on pouvait s’y attendre, les forces rétrogrades ont été surprises, en 1990, par l’activisme des nouveaux journaux dans la lutte pour la démocratisation du pays et pour la bonne gouvernance. A l’éclosion de la presse ivoirienne le pouvoir a réagi par des atteintes multiples à la liberté de la presse, à commencer par les arrestations et les emprisonnements systématiques. De 1990 à octobre 2000, de nombreux Fondateurs d’entreprises de presse, Directeurs de publication, Rédacteurs en chef et journalistes ont été jetés en prison.

Mesdames et Messieurs,

Hommes et Femmes des médias,

C’est à toutes ces répressions contre la presse que le Front Populaire Ivoirien s’est attaqué dès son accession au pouvoir en octobre 2000. A l’instigation du président Laurent Gbagbo, malgré les entraves aux actions gouvernementales, dans un environnement politico-médiatique rendu hostile par la rébellion armée déclenchée contre son pouvoir, les lois jumelles et révolutionnaires ont été votées au profit de la presse et des médias audiovisuels. Pour la presse imprimée en particulier, il s’agit de la loi n°2004-643 du 14 décembre 2004 portant Régime juridique de la Presse. Cette loi que tout démocrate doit protéger comme la prunelle de ses yeux est le repère, le caillou blanc de la liberté de la presse en Côte d’Ivoire. Sa mise en application a fait opérer plusieurs sauts qualitatifs à votre profession. On peut en retenir les quatre principaux :

1. La loi de décembre 2004 organise l’entreprise de presse et la régulation de la profession ;

2. Elle définit avec clarté le statut du Journaliste professionnel et du Professionnel de la Communication, et institue la carte d’identité qui le revalorise ;

3. Pour le Président Laurent Gbagbo, la liberté de la presse ne pouvant être véritablement assurée qu’en réglant les conditions économiques du fonctionnement des médias, cette loi fonde l’aide publique de l’Etat aux médias privés, à travers la création du Fonds de Soutien et de Développement de la Presse (FSDP). La première dotation de ce fonds a été consistante : 1milliard de FCFA dégagé par le Président Gbagbo et annoncé par le Premier ministre Charles Konan Banny, en février 2006, lors d’une rencontre avec les responsables de vos organisations professionnelles à Yamoussoukro. L’objectif de ce fonds, entre autres missions, est d’aider les entreprises de presse à emprunter auprès des banques l’argent nécessaire à la promotion de leur outil de travail ;

4. Enfin, la loi de décembre 2004 instaure la dépénalisation des délits de presse, faisant ainsi de la Côte d’Ivoire sous Laurent Gbagbo, un Etat pionnier dans ce domaine en Afrique de l’Ouest, voire en Afrique tout court ! Et malgré la virulence des médias contre sa personne, contre ses familles biologique comme politique, le Président Laurent Gbagbo a mis un point d’honneur à ne faire arrêter aucun journaliste pour son opinion. De toutes les façons, la loi l’interdit. Jamais il n’a demandé non plus à un journal de modifier sa ligne éditoriale.

Le Président Laurent Gbagbo n’est donc pas seulement le Père du pluralisme politique en Côte d’Ivoire, il demeure aussi  le Père de la liberté de la presse dans ce pays, avec les lois jumelles de décembre 2004. C’est donc en connaissance de cause, peut-on dire, que depuis sa déportation à la Haye et sa prise en otage à la Cour Pénale Internationale, vous, journalistes, toutes lignes éditoriales confondues, suivez et restituez les péripéties de ce procès indigne qui discrédite ses commanditaires et creuse le tombeau de la CPI, depuis le 28 janvier 2016.

Journalistes d’ici et d’ailleurs ;

Journalistes de la « Presse Bleue » ;

Journalistes du quotidien Le Temps ;

Chers amis cyber-activistes et autres blogueurs,

     Hommage à vous, qui avez fait du président Laurent Gbagbo l’absent le plus présent sur la scène sociopolitique en Côte d’Ivoire ! Vous avez brisé la loi du silence. Vos projecteurs ont fait jaillir la lumière sur les choses cachées. Vous avez favorisé l’éveil des consciences sur les complots contre les forces politiques, sociales et démocratiques. Grâce à vous, le monde entier a déjà compris ce qui se trame contre le Président Laurent Gbagbo, contre la Côte d’Ivoire et contre tous les Peuples en lutte. Votre activisme pour la dignité des peuples opprimés a suscité plusieurs réactions positives en faveur de la libération du Président Laurent Gbagbo :

–        Le Forum des anciens chefs d’Etat d’Afrique dirigé par le président Joaquim Cisano a adressé une lettre à la présidente de la Cour pénale internationale dans ce sens ;

–        Le Président russe, Vladimir Poutine, a retiré, le 26 novembre 2016, la signature de la Russie, membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, du Statut de Rome qui fonde la CPI parce que, dit-il, « cette cour de justice n’est pas véritablement indépendante » ;

–        Les Etats africains comme l’Afrique du Sud, le Kenya, la Namibie et la Zambie ont déjà mis fin à leur coopération avec la CPI ;

–        L’Union africaine, à son dernier sommet de janvier 2017 à Addis-Abeba, a voté pour le retrait collectif des autres Etats africains, à charge pour chacun d’organiser son départ de la CPI ;

En six mois, du 22 juin au 29 décembre 2016, la Pétition internationale pour la libération du Président Laurent Gbagbo, initiée conjointement par l’écrivain ivoirien de réputation planétaire, le Doyen Bernard B. Dadié, et son jeune frère Joseph Kokou Koffigoh, ancien Premier ministre togolais, en faveur de la libération du Président Laurent Gbagbo, a recueilli 26. 767.611 signatures !

Comme on le voit, la CPI va mal, très mal. L’on n’a pas besoin de faire un dessein pour le démontrer. Le procès du Président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé à la CPI sonne comme l’honneur perdu de cette juridiction. Ce procès sonne la chronique d’un échec annoncé. Pour retrouver son honorabilité, si c’est encore possible, la CPI n’a pour seul issue que la libération du Président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé.

Ces résultats, nous les devons aussi à votre engagement professionnel en faveur de la vérité et contre l’injustice. A ce jour, 36 témoins se sont succédé à la barre et aucun début de preuve de la culpabilité du Président Laurent Gbagbo pour « crimes contre l’humanité », objet de ce procès à la CPI. Au grand dam de ses pourfendeurs, vous démontrez chaque jour, pour l’opinion, que le Président Gbagbo n’a vraiment pas sa place à la CPI. Vous constituez ainsi une arme redoutable contre toutes les formes de forfaitures planifiées. Vous faites connaître et propager nos idées et valeurs. Vous êtes au service de la démocratie, des libertés publiques et privées, parfois à vos risques et périls.

Mille fois merci à vous, qui montrez aux amnésiques que nul ne peut tourner la Page Gbagbo en Côte d’Ivoire ; qui soulignez avec fermeté que le Président Laurent Gbagbo demeure le chaînon incontournable de la Réconciliation nationale dans ce pays.

Mais, pour en revenir au sujet qui nous réunit, que reste-t-il des heureuses initiatives prises par le Président Laurent Gbagbo en faveur des médias, et principalement pour la promotion de la liberté de la presse dans notre pays ?

Mesdames et Messieurs,

Hommes et Femmes des médias,

A son avènement au pouvoir, le régime de M. Ouattara s’est signalé à la presse ivoirienne par sa violence. Les sièges de plusieurs journaux (Notre Voie, Le Temps, Le Quotidien d’Abidjan, Aujourd’hui et Le Courrier d’Abidjan, tous des quotidiens proches du pouvoir Gbagbo), ont été saccagés et pillés. L’imprimerie de La Refondation-SA a été détruite et le bâtiment abritant le siège de son journal transformé en camp militaire. Les journalistes qui ont eu le courage, après le déluge du 11 avril 2011, de ressusciter le quotidien à partir de la rue, tels des SDF, ont été jetés en prison en novembre 2012. La Côte d’Ivoire venait ainsi de replonger dans la marre des atteintes graves à la liberté de la presse, en violation de la loi de décembre 2004.

Dès juin 2012, de nouvelles autorités ont été installées au Conseil national de la Presse (CNP). Leur mission au sein de l’organe de régulation, apprend-on sous vos plumes, est de sévir de façon sélective et arbitraire, principalement contre « les Journaux Bleus ».

Je rappelle à vos souvenirs que la couleur bleue a deux symboliques. Elle désigne, en période de conflit, la couleur des forces alliées. Sur ce plan-là, les Journaux Bleus, rassemblés dans la Coalition des Journaux Bleus, sont les alliés du Front populaire ivoirien dans le combat pour les libertés. Tout ce qui leur arrive nous touche donc directement.

La couleur bleue symbolise également le bleu azur de l’océan, avec ses vagues qui vont et qui viennent. Mouvements chargés de sagesse, les vagues de l’océan nous indiquent que tout n’est que va et vient sur cette terre des Hommes ; Qu’aucun pouvoir n’est définitivement acquis ; Que nul n’est éternellement puissant, à part Le Très Haut. En dehors de LUI, la roue tourne, tourne, tourne !

Pour ne l’avoir pas encore compris, le CNP, organe de régulation de la presse imprimée, créé par la loi de décembre 2004 pour garantir la pluralité des opinions et sanctionner les fautes professionnelles avérées, est transformé en officine de règlements de compte politiques. A l’image du régime qui le téléguide, ce CNP-là s’immisce dans les conflits internes aux partis politiques dont le libre fonctionnement est pourtant garanti par la Constitution. Il choisit son camp pour l’imposer aux journaux. Il étouffe les journaux qui dénoncent l’existence de prisonniers politiques sous M. Ouattara. Il invente des délits politiques contre un groupe de journaux. Il traque dans ces journaux déjà ciblés la liberté d’opinion que la loi l’oblige à favoriser et à protéger.

Ce CNP-là est distributeur de sanctions infondées et violentes contre vos entreprises : il inflige des suspensions illégales et démesurées, assorties de lourdes amendes pécuniaires, naturellement contre les journaux proches du Président Laurent Gbagbo et de son parti, le FPI. Ces atteintes graves à la liberté de la presse provoquent la levée de boucliers de la part de vos différentes organisations professionnelles et mais aussi de la part des ONG de défense des Droits humains. Mais ce CNP-là n’en a cure.

Ironie du sort, cette mission de destruction des Journaux Bleus est conduite par Monsieur Raphaël Lakpé, président de ce CNP-là. Faut-il le rappeler, M. Lakpé est ce journaliste qui, aux côtés de l’opposition et du Président Laurent Gbagbo, avait mené dans les années 90, avec énergie et détermination, le noble combat pour la liberté de la presse. Au service de l’opposition démocratique, sa plume était fine, ses éditoriaux d’excellente qualité. Aujourd’hui, dans sa haine féroce et aveugle et contre les Journaux Bleus, il fait comme le varan qui détruit avec sa queue ce qu’il a si laborieusement construit. Car, sous le régime de M. Ouattara, le tableau continue d’être noirci.

Depuis mars 2017, la menace d’emprisonnement plane contre six (6) journalistes de tous les bords, officiellement pour « publication de fausses informations et atteinte à la sûreté de l’Etat » ! Evidemment, ce cache-sexe est trop mince pour couvrir la nudité du régime. En vérité, à ces journalistes, il est reproché d’avoir révélé que des accords ont été passés pour payer, sur fonds publics, des primes de guerre promises à des combattants, dans des contrats passés en privé, au sein la rébellion armée déclenchée en 2002 pour déstabiliser la Côte d’Ivoire. Malgré l’épée de Damoclès sur vos têtes, vous, journalistes ivoiriens, avez encore la capacité de tourner les bourreaux en dérision : « Ils paient ceux qui tirent, et emprisonnent ceux qui titrent ». Quelle force de caractère ! Quelle détermination au combat pour les libertés ! Hommage à vous, journalistes de Côte d’Ivoire ! Le FPI réaffirme, ici-même, sa réprobation de toutes ces atteintes à la liberté de la presse et vous encourage à demeurer solidaires et debout contre l’arbitraire.

Mesdames et Messieurs ;

Hommes et Femmes des médias ;

     Telle est la perception de votre Haut Patron, le Président Laurent Gbagbo et son parti, le FPI, de vos conditions de vie et de travail depuis le 11 avril 2011. Demain, nous commémorons cette date de triste mémoire pour notre pays. Nous aurons une pensée pour vous qui souffrez de ces atteintes graves et permanentes aux libertés individuelles et publiques. Depuis avril 2011, M. Ouattara et son régime sèment la peur et la terreur dans vos cœurs et dans vos esprits. Les menaces et la répression visent à vous intimider pour vous inoculer le virus de l’autocensure. Elles visent à aggraver la mauvaise santé économique de vos entreprises déjà précarisées par des facteurs bien listés : la pauvreté généralisée chez vos lecteurs  et sa conséquence la plus néfaste, le phénomène de la location des journaux ; la concurrence féroce des nouvelles technologies de l’information qui diffusent l’actualité sur les réseaux sociaux, et en temps réel ; le soutien de plus en plus hypothétique du Fonds de Soutien et de Développement de la Presse, etc.

Quant à vous, Agents du quotidien Le Temps,

Combattants de la Démocratie par la plume,

Voilà l’environnement dans lequel vous célébrez le 14ème anniversaire de votre journal. C’est la preuve de votre endurance dans le combat pour les libertés. Dans votre domaine, survivre, surtout de ces six dernières années marquées par la destruction systématique des acquis obtenus sous le Président Laurent Gbagbo, c’est un véritable défi que vous relevez au quotidien. Votre détermination force notre admiration. Vous devez comprendre que, sous le régime de M. Ouattara, vous avez ces difficultés en partage avec tout le corps social en Côte d’Ivoire. Vous n’êtes donc pas seuls dans ces moments tendus. Le Front Populaire Ivoirien, son Président, le Président Laurent Gbagbo, et tous ses militants se tiennent à vos côtés. Ils vous encouragent à rester solidaires du Peuple en lutte contre la dictature et l’arbitraire. Le moment venu, le Parti et son Chef sauront vous redonner la joie de travailler, à nouveau, en toute liberté et dans la dignité.

Sur ce, au nom du Président Laurent Gbagbo, votre Haut Patron, je déclare ouvertes les festivités du 14ème anniversaire du quotidien Le Temps. Bonne fête à tous, et bon vent à votre journal. Dans la lutte et dans l’espoir. Je vous remercie.

 

Pour le Front Populaire Ivoirien

SANGARE Abou Drahamane

http://lecombattant.canalblog.com/archives/2017/04/10/35155483.htmlSource :

Président par Intérim,

Parrain des festivités

Fait à Abidjan, le 10 avril 2017 

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